Développement(Article) -Recherche-Action sur les Dynamiques Associatives Rennaises
Démarche de recherche-action participative réalisée par le Collège Coopératif en Bretagne - Extrait du rapport : Les engagements associatifs dans la cité : pour qui, pourquoi ? (Nadine Souchard, Annick Berthelot, Jean-Luc Blaise, Laurence Bourrée, Jacky Derennes, Stéphane Guiral, Hervé Lecocq)
Résumé
Le bilan de la démarche de recherche-action coopérative peut être posé en plusieurs temps suivant que l'on privilégie la dynamique amorcée au sein d'un petit groupe de recherche-action ou bien, qu’à l’inverse, l’on s’attarde sur sa production. Table des matières
Dans le premier cas, il faut manifestement considérer qu'il existe une réelle difficulté à mobiliser dans la durée aujourd'hui les acteurs associatifs, d'autant que cette proposition s'inscrivait dans une succession de sollicitations par la Ville de Rennes. L'engagement dans une démarche de recherche-action organisée sur un principe de réunions mensuelles a probablement découragé un certain nombre de candidats, d'autant qu'il n'y avait pas d'objectifs opérationnels clairement affichés. Pour autant, il serait rapide de sacrifier à la condamnation un peu facile de cette "désertion" apparente du monde associatif, renvoyant à cela à des remarques entendues ici et là autour de la dissolution de la figure de l'engagement associatif. Il faut probablement s'autoriser plutôt à les relier aux travaux de recherche contemporains qui insistent au contraire sur une dynamique de l'engagement plus pragmatique et d'une distance entretenue avec la sphère du politique. Les sollicitations sont nombreuses aujourd'hui sur la place rennaise, et la forme d'engagement convoquée dans le cadre de la recherche-action coopérative ne renvoie que partiellement aux figures de l'engagement associatif décrites par un certain nombre d'auteurs. L’intérêt est donc resté circonscrit et a manqué de lisibilité : une recherche-action pour soi mais aussi la perspective floue de la mise en place d'un observatoire (un mot un peu abscond). Il n’empêche que pour ceux qui se sont engagés dans l’atelier, cette démarche a permis de faire le point sur :
De ce point de vue, il existe manifestement une demande latente de mieux comprendre les enjeux associatifs contemporains, sous peine autrement de tomber dans une lecture moralisatrice et datée parfois résumée sous l’expression de « consom’acteurs ». Les acteurs associatifs ont donc accepté dans le cadre de ces ateliers de laisser tomber leurs bannières (associatives, fédératives...) pour enclencher une démarche introspective, par ailleurs davantage improbable dans le giron associatif. Sa composition a exprimé en soi une forte diversité : souvent plusieurs engagements associatifs, des âges variés, deux femmes sur les huit personnes, des bénévoles et/ou salariés, tel est le panel d’acteurs associatifs qui se sont retrouvés dans des locaux associatifs pendant six soirées ; certains étaient issus de grandes traditions fédératives mais d’autres étaient davantage de acteurs et/ou témoins des mues associatives contemporaines (associations de quartier, collectif d’artistes, association culturelle...). Cette diversité n’est certes pas le garant d’une représentativité mais on peut cependant estimer que cet atelier a été un lieu d’expression, expurgé des enjeux de la représentation qui trop souvent nuisent à une objectivation des réalités associatives. La démarche proposée s’appuyait sur le contexte de crise et de changement induit par la dissolution de l’OSCR. Mais au-delà elle a fait aussi écho à des interrogations du monde associatif et les ateliers ont été en quelque sorte leur caisse de résonance. Plusieurs principes de fonctionnement avaient été posés qui se sont imposés progressivement au sein du groupe : engagement d’individus bénévolement avec un principe d’égalisation des positions pour créer une dynamique d’écoute mutuelle ; la tenue d’un journal de terrain comme outil de sédimentation et de réflexivité des réflexions issues de ces soirées ; la centration progressive autour d’une question qui devient l’enjeu principal des réflexions et investigations conduites par le groupe... Sans reprendre l’intégralité des journaux de terrain, rappelons-en les différentes étapes de construction. Il nous paraît en effet que tout autant que les résultats, ce sont les dynamiques de justification et d’orientation des débats qui paraissent intéressantes à restituer. Les premiers échanges, et ce n’est pas innocent, se sont centrés sur le statut associatif. N’était-ce pas au fond la meilleure entrée pour penser ce qui rassemblait mais aussi différenciait sur la période contemporaine les acteurs ? D’aucuns ont en effet insisté sur le statut associatif comme garde-fou, durcissant d’ailleurs l’association comme modèle de société alors que le cadre juridique reste extrêmement libre. D’autres, à l’inverse, en minimisaient les enjeux : l’instrumentalisation du statut associatif à des fins économiques n’est-elle pas une réalité ? Ne faut-il pas à l’inverse réfléchir aux projets et aux pratiques et ensuite à son « habillage » associatif éventuel? L’intérêt de ces premiers échanges a consisté manifestement à sortir du débat sur les bonnes (l'association loi 1901 durcie comme modèle de société) et mauvaises associations (l'association peu réglée). Ce premier temps de réflexion a permis aussi de sortir du terrain glissant sur les bons et mauvais adhérents, en fonction de leur inégale imprégnation des valeurs associatives. L’engagement associatif ne saurait se réduire à un formatage des rôles et l’enjeu contemporain, à l’inverse, consiste bien à préserver des espaces de créativité et d’initiative. Or précisément cette possibilité peut être altérée dans certaines associations aujourd’hui pour deux raisons principales : les associations sont tentées par une professionnalisation de leur activité ; leur rapport avec la puissance publique accélère ce mouvement. Il a donc fallu que les acteurs associatifs acceptent à l’occasion de cette première séance, de penser leurs différences associatives plutôt que de les opposer suivant une hiérarchie de valeurs, c'est-à-dire de sortir d’une logique de bannière vers une mutualisation de la réflexion. La thématique de la mobilisation et de l’engagement associatif est peu à peu devenue centrale dans le travail de réflexion. Pour cela, il a fallu que les acteurs associatifs se défassent d’un certain nombre d’idées préconçues dans la façon d’observer et de regarder le monde associatif. Les analogies avec le monde de l’entreprise et du monde marchand n’épuisent pas, loin s’en faut, la réalité associative, même si certains acteurs associatifs sont tentés par l’importation de méthodes et pratiques de ce milieu (fiches de postes...). La distinction ou la recherche d’articulation entre professionnalisation et militantisme a été fortement interrogée. Ces débats sont au fond, le miroir plus large des débats d’une société qui n’arrive à concevoir son devenir qu’à travers une problématique de développement pourtant fortement interrogée sur la période contemporaine. La problématique de la dynamisation du lien associatif est venue naturellement se greffer à ce premier champ de réflexion puisqu’elle cristallise précisément les incertitudes associatives contemporaines. Doit-on porter ses réflexions au sein des structures de formation des professionnels de l’animation ? Cette orientation serait manifestement contraire à l’espace de créativité revendiqué par ailleurs par les bénévoles associatifs. En fait, il se cherche manifestement de nouveaux repères à l’action associative qui permettent de concilier intérêt pour soi et intérêt pour une action commune. Cette quête suppose de laisser s’exprimer ce frottement, véritable moteur de la vie associative. Cette problématique n’est pas propre aux fédérations (parfois enfermées dans une logique de public d’usagers captifs) mais s’exprime aussi dans des associations de plus petite taille. Le risque de confusion a été souligné entre une intellectualisation de l’engagement associatif autour d’un modèle cristallisé avec les personnages emblématiques du militant, du bénévole et les ressorts effectifs de la mobilisation. Cette orientation pose alors une série de problèmes à l’objectivation des situations : comment dès lors analyser la nature des liens avec l’association expurgée des références constitutives du modèle associatif ? Peut-on encore mobiliser les figures parfois datées du militant, du bénévole ? C’est donc autour de ces questions que le groupe a choisi d’engager sa réflexion qu’il a formalisé suivant quatre formulations :
Les enjeux de cette séance pour le groupe peuvent probablement être résumés ainsi :
La question retenue peut être traduite ainsi : "saisir les formes de la mobilisation contemporaine des adhérents, et plus particulièrement la façon tout à la fois dont les adhérents pensent/vivent /se représentent ce lien et la façon dont il est réactivé (ou pas) dans un contexte d’évolution de projet. Quelles sont les interactions entre les individus et l’association, et plus particulièrement quel est le sens associatif. Est-il encore pensé en référence à des valeurs (émancipation et respect des personnes dans leur diversité) ?". Trois hypothèses structurent par ailleurs la réflexion que l’on peut décliner ainsi :
Cette question et les hypothèses qui la sous-tendent ont servi d'alibi à des investigations auprès de quatre associations (six avaient été pressenties) retenues pour la diversité a priori de leur problématique.
Elle a été élaborée sous la forme suivante: (Certains points peuvent être renseignés rapidement, pour d’autres, ne pas hésiter à développer un peu sur les points plus riches) L’association
Le projet et son évolution
Les adhérents
En quoi la production documentaire envisage, ou pas, le lien associatif et sous quelle forme ? - Quelle est son importance au sein de l’association (quantitativement et en référence) ? - A rechercher à travers les statuts, le règlement intérieur, des comptes-rendus, des projets... Le groupe a essayé de décrire l’organisation et le mode de fonctionnement concrets de l’association en retenant : Qu’est-ce que cela nous dit de la façon dont est pensé le lien aux adhérents ? Le groupe s’est donc engagé à travers ce programme de travail dans une nouvelle étape de la démarche de recherche-action où il devient aussi producteur de savoir. 4ème et 6ème séances : les particularismes associatifs, des résultats difficiles à analyser (septembre et décembre) Cette séance a été particulièrement riche dans la mesure où il ne s'agissait pas de défendre ou légitimer un projet associatif mais bien d'accepter de regarder avec le plus d'objectivité possible, ce lieu exotique qu'est au fond chaque association : histoire, valeurs, culture propre, pratiques et sens des engagements associatifs. Ce faisant, la pertinence des questions et interrogations est venue interroger les proximités et les différences dans la représentation de l'engagement. Une synthèse (cf ci-dessous) a été élaborée à l’issue de ces deux séances de présentation des matériaux recueillis. Elle donne à voir le travail de déconstruction des ressorts de l’engagement amorcé par le groupe : l'association, comme acteur collectif, ne se réduit pas à l'addition d'acteurs individuels. Différents niveaux d'analyse doivent être pris en compte. Cependant, c’est probablement moins en terme de conclusion qu’il faut la lire qu’en autant de pistes de recherches à approfondir. La mise en perspective permet de mettre en évidence le poids de l'histoire et des valeurs dans la conception des formes de l'engagement associatif : "Devoir de mémoire, défense des intérêts matériels et moraux" pour les anciens combattants " La question du logement à l'épreuve de la solidarité", "l'appel de l'abbé Pierre" " L'autogestion comme modèle social d'éducation pour la petite enfance" "Le don contre la marchandisation du corps humain (questions éthiques, philosophiques, religieuses...)". La référence aux valeurs reste la toile de fond de la légitimité associative où s'expriment le plus souvent les formes diverses et variées d'une citoyenneté civile. Cette référence renvoie au fond au modèle de la société républicaine et se traduit aussi par une forme de transcendance des valeurs exprimées (abstraites, idéologiques, caractère général...). Ce sont les racines en quelque sorte des associations. Le message associatif pour l'extérieur puise en général dans ces références matricielles. Cet ancrage et cet affichage ne contiennent cependant pas toute la réalité associative, loin s'en faut. Il peut y avoir des déplacements d'objets et/ou de valeurs induits par le recours accru aux salariés et/ou des sollicitations de la part de l'action publique (politique de la ville par exemple). Ils ne nous disent rien non plus des ressorts plus individuels de l'engagement. " Etre à l'écoute des membres". "Faire le don de soi", "s'engager dans un projet communautaire à caractère social". "Être force de proposition et de créativité ", "contre la délégation l'implication". "Susciter le don pour vivre, une forme d'utilité sociale particulière qui ne va pas de soi ". Ces propos suggèrent une diversité (et une complémentarité) de conceptions de l'utilité sociale. L'individu, comme personne, est posée au centre de l'engagement. En quelque sorte, l'association se matérialise à travers ses membres actifs. " Etre à l'écoute des membres". "Rendre un service de solidarité concret". "Les familles deviennent adhérentes car on veut qu'elles soient actrices, pour renverser la vapeur du contrôle social". "Avoir reçu le droit de vivre suppose que d'autres fassent le don de leurs corps, d'organes en l'occurrence". La façon dont chaque association conçoit le lien à ses adhérents exprime certes une part des valeurs qu'elle mobilise et le projet qui l'anime. A travers les différentes formes d'engagement qu'elle structure sous la forme de typologies, chaque association déroule ainsi une forme d'organisation spécifique mais aussi une microsociété originale. "Les cotisants, les représentants sur le territoire d'un groupe de défense, les responsables...". "Les "volontaires"(les militants), les bénévoles, les familles cotisantes ...". "Les parents adhérents au projet pédagogique, à l'association et les salariés". "Les "collaborateurs locaux", des bénévoles, illustrent la figure dominante des adhérents au sein de l'association de donateurs. Ils ont une fonction d'information et d'animation à un niveau local. Ce sont eux qui bénéficient d'une carte d'adhérent, très différente donc de la carte du donneur. Un paradoxe : les adhérents sont en général d'anciens greffés ou sensibilisés (par une expérience de greffe dans leur réseau proche), souvent assez âgés alors que les donneurs, souvent jeunes, restent anonymes, invisibles sur la scène associative (don différé)». Ces typologies indigènes sont intéressantes en ce qu'elles permettent un nouveau niveau de déconstruction de l'engagement associatif. Deux figures de l'engagement doivent être distinguées qui donnent à voir la complexité du fait associatif et les limites d'une analyse de l'engagement associatif à partir d'une entrée par les valeurs. Il s'exprime de façon complexe et diversifiée. Ainsi, il est tentant d'opposer le "simple" cotisant (parfois très affranchi des valeurs fondatrices de l'association) au militant, à l'inverse, affilié. On peut aussi lire ces profils d'engagements comme autant d'indices d'une diversité de ressorts qui, à l'évidence, déborde l'enceinte des valeurs inscrites dans le projet associatif. La nébuleuse des bénévoles renvoie à des types d'implication variée qui configurent aussi le fait associatif, sans y mettre aucun jugement de valeur. "La revendication de la médaille à l'ancienneté", "obtenir des avantages matériels".... "Des publics bénéficiaires qui méconnaissent au fond la dynamique associative" "La recherche d'une structure de garde de proximité", "la dimension affective rend passionnels les débats..." "Le recrutement de donneurs : un problème d'information ou un débat éthique, philosophique..." Deux remarques peuvent être formulées à ce stade de l'analyse qui suggère différentes motivations et gratifications autour de l'engagement bénévole. La première renvoie à la façon dont intimement chacun conçoit le sens de son engagement. Ainsi, à nouveau pour typifier les éléments du débat, on peut opposer au fond la figure du don (invisibilité) comme figure noble du bénévole affranchi et la recherche de "médaille" comme modèle de gratification du bénévole affilié (combler des attentes sociétales). La seconde remarque suggère les attentes en terme de convivialité, de recherche de plaisir, de créativité qui s'expriment fortement à travers les expériences associatives. Or, ces différentes dimensions entrent parfois en tension avec les formes de professionnalisation auxquelles ont beaucoup de mal à résister les associations dans l'espace public. Cette diversité d'intérêts autour du fait associatif s'illustre aussi à travers les nouvelles expressions des figures associatives : collectifs de défense, associations artistiques (souvent issues de regroupements informels comme l'Elaboratoire ou le Jardin Moderne...) renvoient à des modèles moins identifiés et qui ne revendiquent pas de la même façon leur ancrage au sein de valeurs associatives typifiées par le champ associatif mais aussi par le prisme de ses liens avec la puissance publique. Le thème retenu par le groupe : « Engagement bénévole : quels sens et signification aujourd'hui? » s’est alimenté de l’intervention de Stéphanie Vermeersch (chargée de recherche CNRS au CRH¬Cressac/UMR LOUEST 7145) au Collège Coopératif en Bretagne. L’objectif de cette soirée a consisté à essayer de mieux comprendre le sens de l'engagement associatif dans une société où la place de l'individu en tant que norme et valeur est fortement affirmée. Une intervention organisée en quatre temps :
L'objet de sa réflexion est particulièrement centrée donc sur le bénévolat qui loin de disparaître sur la période contemporaine voit plutôt ses formes se renouveler : les repas de quartier, les ballades collectives en rollers, le "grand don" au pont Marie, la création de collectifs... Ce développement contemporain pose cependant la question des lunettes pertinentes pour rendre compte de ces pratiques bénévoles au-delà d'une grille qui oppose altruisme ou égoïsme. En effet, certains classements distinguent celles valorisant le développement individuel de celles défendant l'intérêt collectif. Ainsi a-t-on vite fait de classer parfois les associations de quartier de "self help" ou de "nimby". Mais est-on bien sûr de la pertinence de ce clivage? N'est-il pas au fond l'héritage d'une idéologie associative qui nous empêche de regarder un peu plus objectivement ce qui se joue. Cela suppose de sortir de cette dichotomie : altruiste et égoïste. La permanence du bénévolat étonne en effet. Quel lien social se cache dans ces pratiques? L'individualisme est devenu le nouveau spectre de l'occident et souvent le sens commun ne retient que les évolutions négatives, sa dimension pathologique... Quand l'ancien se défait, il est souvent très difficile de lire le nouveau. Des auteurs comme Norbert Elias et Charles Taylor insistent dans leur lecture de l'individualisme sur ces conséquences : poser la différenciation des individus comme idéal avec comme métaphore du lien social le filet ; dans cette configuration sociale, l'identité est avant tout une construction dont les individus sont les acteurs. L'interdépendance ne disparaît pas pour autant même si la force de cette nouvelle norme sociale (incarnée par l'individualisme) met davantage la focale sur le "je" que sur le "nous". C'est précisément ce lien entre les "je" et le "nous" que S. Vermeersch a exploré plus avant dans ces enquêtes de terrain : les Restos du Cœur et une association de quartier mais aussi auprès du centre de volontariat à Paris. Le choix des terrains reprend a priori la dichotomie associative distinguant les associations altruistes et les associations self help mais pour mieux en montrer les limites. Sa réflexion s'est en effet centrée sur ce qui relie les bénévoles. Plusieurs constats :
Les discours sur le sens de l'engagement associatif donne aussi à voir les formes d'insatisfaction dont se nourrit son ressort : insatisfaction au travail, dans la famille... Il paraît important de souligner la fonction de transfert de rôle et ou de situation qui participe de l'engagement bénévole. Transferts d'autant plus importants que beaucoup de repères s'effondrent et que se cherchent de nouveaux appuis à la construction identitaire. De ce point de vue, les ressorts varient d'un individu à l'autre au sein d'une même association. Pour autant l'association n'est pas forcément une contre-société ou une contre-culture mais l'engagement associatif apparaît aussi désormais comme une activité de socialisation parmi d'autres. Après avoir abordé la question du pourquoi de l'engagement associatif, S. Vermeersch prolonge sa réflexion à la question du comment en s'appuyant sur les travaux de J. Ion. Avec deux dimensions essentielles qu'elle souligne. Les engagements associatifs sont marqués par deux types d'affranchissement : la fin de l'entre soi et l'émancipation à l'égard des réseaux fédératifs : le militant affranchi tant à supplanter le militant affilié. Cette intervention riche en contenu a suscité beaucoup de débats et questions que nous avons essayés de résumer :
Intérêts et limites d’une démarche de recherche-action coopérative auprès d’un public de bénévoles associatifs. Ces six séances de travail, auxquelles ont été conviées plus particulièrement huit acteurs associatifs, permettent de tirer un certain nombre d’enseignements probablement intéressants à extrapoler dans le cadre du projet d’observatoire des dynamiques associatives. Des attentes différentes : Assurément au cours de ces différentes soirées s’est implicitement manifestée une diversité d’attentes à l’égard du groupe. Deux grandes postures peuvent être identifiées qui ne s’opposent pas nécessairement :
Une démarche de recherche-action coopérative inachevée :
Ces limites et enjeux rappelés, l’atelier de recherche-action coopérative a été l’occasion de faire émerger des attentes concrètes (souhait d’échange, enjeu de la co-construction du débat sur la vie associative...) dont devra tenir compte l’observatoire des dynamiques participatives. Ressources complémentaires :
Il y a 1 élément annexé à cet article.
Pour citer cet article :Collectif [2006], Recherche-Action sur les Dynamiques Associatives Rennaises, Collège Coopératif en Bretagne, document électronique disponible sur http://www.uhb.fr/ccb/publica.htm |